|
|
"Les trois sœurs de Tchekhov rêvent de partir à Moscou, symbole d’une vie meilleure, tout en voyant leur espace de vie se réduire toujours plus. Dans Violences, Gabily imagine une suite : les trois sœurs sont arrivées à Moscou, rien n’a changé, leur mot d’ordre est d’abord et avant tout « ça ne me dérange pas ». C’est autour de ces personnages qui passent à côté de leur vie que j’ai eu envie de travailler, autour des trois sœurs bien sûr, mais aussi des « petits fiancés » qui leur font face, du couple, du frère et de la belle-sœur, image d’une vie réussie, ou du moins conforme. Au-delà de l’imagerie tchekhovienne se joue la question de la fidélité à soi-même, de la correspondance à une attente et par là, de l’appropriation d’un rôle.
Les personnages de Gabily seraient comme les fantasmes avoués de ceux de Tchekhov, qu’il s’agisse d’Olga qui ne s’est jamais mariée et en rêve, de Natalia follement amoureuse de son Andreï et non pas obsédée par le pouvoir comme on la représente parfois. Le texte de Gabily serait une incarnation contemporaine des fantasmes des personnages tchekhoviens. Et l’articulation des deux nous raconte que dans la réalité comme dans le rêve, rien ne change, c’est toujours l’échec qui revient..."
Anne Monfort
Anne Monfort, mise en scène
Cécilia Delestre, scénographie et costumes
Cécile Robin, création lumière
Baptiste Tanné, création son
Avec : Pierre Chambefort, Isabelle Chanal, Evelyne Journet, Jocelyne Levy, Thierry Lorenzini, Jeanne Loubet, Tony Oberrieder, Stéphane Pey, Can Yuceisik
|