A première vue, l’appariteur a tout l’air d’être un personnage tiré d’un roman de commissaire, capable d’entrer par toutes les portes. Nous ignorons s’il est venu dresser un état des lieux, tenir un procès-verbal. Il réclame soudain notre attention, il va faire lecture. Au lieu du « qui, quoi, quand, où » volontiers attendu de lui, il vient ici tenir conte : son métier est de conter. Dépositaire de plusieurs vies, il est venu nous les narrer. Celle du petit garçon Mèreaboire, de père Aquoibon, la reine des glaces, l’oiseleur et autres personnages de contes populaires et sorciers. Ignorant toute géographie, l’appariteur puise aux fontaines de l’imaginaire collectif, il parle toutes les langues, joue de l’appeau, aime à éclairer autrui de sa propre apparition et loue quotidiennement que tout soit dans tout. Il ne cesse d’aviver le feu où la horde des veilleurs se réchauffe autour du griot. Alors le mythe recommence. C’est l’instant, où l’appariteur s’introduit et disparaît en chants d’oiseaux